Dour 2016 – Hard to be Nice, but easy to be nice …

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Le reportage de Drumtabass va innover et ne se couvrira cette année, que les quinze heures de set de Salut C’est Cool…  Honte à moi qui n’en ait pas vu une minute, mais cette édition proposait nombre d’autres pépites.

 

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Premiers sourires esquissés le mercredi matin : une foule de festivaliers zombies frappe lentement, sur les grilles retenant l’accès au camping.    « B, B, B », en accélérant la cadence. Le pauvre Rick wallon leur répète, avec un fort accent belge, qu’il faut d’abord remplir le A. Un camping A où les légionnaires suricates tiennent le pavé à l’herbe de bison, fou rire sous les gouttes, pour garder les tentes de leurs potes, jusqu’à parfois jeudi. « No way… ! »

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Une scène UK au top de sa forme

 

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Lady Leshurr attaque et matraque son mic, brosse à dents à la main sur « Brush Your Teeth ». Première prestation un peu rapide, d’une série qui confirmera l’excellente forme de la Perfide Albion, côté grime et uk garage. Plus tard, Stormzy et Novelist retournent la Boombox. Un show dans la pure tradition des radio-sets fiévreux de Brixton, où ça se bouscule sur scène. « Shut up Shut up ! ».

 

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Skepta pose son retard d’une demi-heure post-brexitien, mais est enfin à Dour. Et quel pied ! « That’s not me » fait agiter tous les index d’une masse de junglists impressionnée. Même si le toaster nigérian de Tottenham ne fait pas balayer la rolex, maîtrise scénique de malade, flow mitrailleur sur « Shutdown ». Grosse impression !

Soleil délicieusement orangé façon Miami sur la Balzaal et nouvelle config : dancefloor tourné vers le terril. C’est la technique qui parle pour D Bridge, devant une populace de t shirts Metalheadz qui acquiesce, l’inventivité pour Ivy Lab et le groove pour Dub Phizix, sur le strange « Buffalo Charge ». Première nomination pour le track Dour 2016 : le trap aigre-doux de « Sunday Crunk » qui comme les calamars, est mangé à toutes les sauces.

The Prodigy livrent une prestation sonore inégale. Hors des tranchées de la Last Arena, difficile d’entendre plus qu’un écho énervant d’ « Invaders Must Die ». High Contrast relève agréablement le niveau, avec fraîcheur et justesse.

 

La sensation sur la programmation drum’n’bass vient avec la reformation de Bad Company. Comme DJ Fresh vient d’annoncer la fin de sa carrière, on lui pardonne ces cheveux blancs peroxydés à la David Guetta. Un set d’adieu à apprécier à sa juste valeur donc. Fresh, Maldini, Vegas et D Bridge embrasent la fin de la nuit de classiques sombres comme « Planet Dust », qu’un albinos Men In Blond semble bien connaître. Raver novice comme fan de la première heure philosophent sur la qualité du show et plébiscitent les frissons dark de « Son of Nitrous ». Le Bask, dans un style moins frenchcore et plus dancefloor qu’à l’habitude, retient l’attention des votants éreintés.

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Des agités, des furieux et des hommages qui font froid dans le dos…

Effluves d’herbe américaine, lyrics real street et black power agrémentent le concert du duo Mobb Deep. On comprend avec effroi que le « nice » sur le drapeau français des premiers rangs se lit plutôt « Nice ». C’est aussi ça le microcosme Dour, qui nous rappelle brutalement que la réalité dort pendant cinq jours, mise en veille pour les festivaliers. Les hommages pleuvent. Certains posent leurs gerbes, mais pas de bleuets : plutôt un mélange rhum/fricadelle. Biga Ranx séduit, dans des tons dub mellow, qui ramènent petit à petit le sourire.

 

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Les marseillais Dagoba fracassent, même si la voix de Shawter se fait encore souvent la malle, comme sur « The White Guy & The Black Ceremony ».  Les chouchous du public Do or Die excellent dans une nouvelle formation. Le tapage organisé des différentes voix fait mouche, derrière le punchy des guitares sur « The Meaning of Honor ».

 

Madball nous envoie un direct pleine joue. Freddy Cricien, bulldog campé sur ses pattes arrières, crache sa hargne au pit. Le gaillard n’est vraiment pas content et son chignon se décroche sous les coups de latte. Celui de notre pote Berlot tient.

Le concours d’ « air tekken » de la cage fait rage sur « Can’t stop, Won’t Stop » ou « Stand Up NY ». Fracture de la rétine au sens propre comme au figuré : un énervé aura quand même réussi à m’ôter une lentille de contact, d’un coup de poing. Avec les excuses du jury, Dour de lui en vouloir.

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Mass Hysteria invente la réflexion jupilo-chimique sur la transe du diable de la « Furia ». A la sixième canette, on commence à se dire que Mouss prend de la bouteille, mais le frontman est toujours aussi énergique et sympathique. Un peu comme mater Groland après une journée difficile : on chantonne quand même le générique.

 

Constellations de mèches violettes et explosions d’amour dans les étoiles du ciel de Dour, sur les poses oasisiennes du chanteur d’Underworld. Une interprétation habitée de « Born Slippy »,  les beats syncopés de « Cowgirl» . Les festivaliers qui allaient à un autre concert, s’arrêtent. L’espace d’un instant, toute la plaine se souvient d’avoir vécu les 90’s. Magique !

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Soleil de plomb, Ôte-toi de mon Dour…

Diogène n’était pas belge. Il habitait un tonneau et pas une tente. A Dour peu de cynisme, mais des sceptiques qui hurlent des insanités toute la nuit et glapissent « Ta g**** ! ». On aura tout tenté pour goûter au sommeil, mais quand ce n’était pas les clameurs de la nuit, le soleil de plomb aura achevé les velléités de grasse matinée.

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Quelque peu engourdi, le public peine à s’accroupir puis jumpe, pour répondre aux invectives des Dope DOD. Un show tout neuf, inspiré, avec medley thèmes films d’horreur et rappeur au masque de clown, qui nous asperge au python à eau. Un portoricain nous fait goûter sa pompote de jäger redbull, entre deux coups de bass.

 

Le duo punkoïde Ho99o9 de hip hop : un black gringalet, manteau de piaf bleu mendoliesque, triture les amplis de ses gants de mollusques. Un autre hurle, dans un dialecte inconnu, devant des visuels malsains. Fourmis qui sortent d’un ventre de renard qui éclate, croûte qui saigne sous les grattements. Amis du bon goût, bonjour !

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Dans la même touche, Seth Gueko jure sur « la chatte à Laurent Voulzy » et invite tous les barlous belges à Pattaya, après avoir loué leur avancée, en matière de maisons closes et roses. Maduk expérimente le moment de grande solitude, en envoyant un remix des « Pokemon », version d&b en anglais. Pour attraper un Roots Manuvix, peut-être ?

La nuit nous redonne du peps. Maceo Plex transforme la Balzaal en gros dancefloor dark techno. Phace nous livre un show froid, suave et mid-tempo. Parfaite intro pour les napolitaines prosciutto, sur le sentier des enceintes. Black Sun Empire et Neonlight hissent la bannière Blackout Music.  Beaucoup de gros hits comme le  Dead Limit- Noisia & The Upbeats mettent la fièvre chez les darkos.

Spor a du mal à rentrer dans le cercle. Qu’importe, Audio et le barbu Gridlok s’occupent du bouquet final.  Hive-Neo  remixé, Bullet Time de Bad Company, les visages, dont un au sourire dents cabossées, défilent sur les écrans dans un carnage épique.

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Sur les conseils d’un obscur pizzaïolo, spécialisé dans la cuisson sans sommeil, on ne rate pas DJ EZ. Cuts de sauvageon, timing parfait, hits flavor… du high level.

Clap de fin et reprise des esprits sur The Pixies, écouté de la tente aux chandelles et les nappes réjouissantes teutonnes de Ben Klock.

Dour a fait beau, Dour a fait grand, parfois peut être un peu trop. Petite réserve sur la journée du dimanche, où les vrais noms manquaient dans la torpeur de la journée, pour ne revenir que tard. Mais Dour reste notre chouchou, oasis parallèle de concerts, dans un monde plein de sérieux.

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 Report par Bosco – www.drumtabass.com

Les photos et vidéos utilisées pour illustrer le reportage, ne sont pas ma propriété. Liens à venir