Dour Canal ’19 – Report sur le 20H20.

action bronson couv

On a décidé de secouer notre petite boule à neige souvenir de « Dour c’est l’Amour! » 2019, pour revenir sur ce qu’on a vu de bien ce dimanche.

 

Dour façon reportage Arte, clap c’est parti !

C’était une programmation particulièrement hip hop,offerte ce dernier jour de Dour 2019. Ocean Wisdom nous accueille avec phrasé frénétique. Un poil déçu par les enchaînements des fois yaourt du beatmic’er, l’énergie est là : ça pogotte même devant, entre sosie de Joachim Noah et gueules brutes ridées des quatre premiers jours de festival. Un challenge impro final sur un best of grimey de Londres, en passant par du Dizzee Rascal, nous fait jumper.

 aba shanti 1

Béret Brixton sur la tête, on prend le temps de kiffer les pas de danses d’un anglais atypique tatoué au look de skin, bien seul devant Aba Shanti. Mais est-on vraiment seul devant un mur d’enceintes bien réglé?

Les bass résonnent furieusement, dans une sélection 90′s revival, préparées pour l’occasion. Rien que les synthés chaloupés, les beats du Far West, pas d’Ableton criard, notre anglais avec un Cartman  griffé de South Park sur la jambe (sérieusement?!) est aux anges…

 aba shanti 2

 action bronson couv

La Last Arena se garnit pour le come back d’Action Bronson. Privé de show la dernière fois, le ricain rouquin veut en démordre. Un kabyle texan n’avait pas hésité en plaçant son concert top 1 de son Dour 2013. On est donc bien curieux, autant que cette scénographie hallucinante. Dans un look entre prêcheur mormon, old digger redneck, qui cooke barbecues autant qu’amphétamines, Action Bronson surgit. Derrière lui, des écrans géants, un taureau qui poursuit la ville dans les ferias, des chevaux de Camargue qui éclaboussent la rivière… On est où là ? Dans un concert de fou, médusé.

action bronson 2

Son rap est habité et rend hommage à sa nation, dans des instrus country, rock psyché sur «Easy Rider», pour pencher même des fois vers le gospel. Dour reprend en choeur «Actin’ Crazy», découvre le nouvel album, pendant que Meyhem Lauren perd une clavicule à chaque check final.

action bronson

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Découverte, pénétration par le son de la Balzaal. Gigantesque zone rave 51, l’espace réservé à la techno est démesuré. Il faut quelques yards pour la parcourir. On y croise autant colosse aux dreadlocks à sac banane rose que Crocodile D’Houdain, un fêtard blond fan visiblement du film, avec narco qui s’étouffe sur un gros cigare en pouffant dans sa Jupiler. A moins que ce ne soit l’inverse.

solumun zone 1

La sensation de torpeur est grisante. On a l’impression d’avoir quitté Dour et d’être dans un festival off, rempli de noctambules, hibous souriants depuis quatre jours. Solumun s’applique à mettre la BO qu’il faut à cette vision crépusculaire. C’est dommage que le DJ soit insaisissable , caché derrière ces gratte-ciels de teufeurs.

solumun zone 51

Et maintenant … Zoom sur :

romeo elvis

Roméo Elvis, qui n’a pas volé sa popularité ici livre un concert plutôt sympathique, où le rappeur chanteur joue beaucoup avec son public et reste volubile dans son jeu de scène.

roméo elvis 2

flatbush zombies

Une nuée de ptérodactyles rappeurs s’abat sur une Boombox débordée. Grosses distorsions, scat murmuré puis piaillé à la manière du punk : les Flatbush Zombies ont été réveillés. Trois mecs au micro, sur des visuels soignés, passant du trap à l’acide en 1min30 chrono.

Le son dantesque de la scène techno vient manger le chapiteau à la fin de chaque morceau et zappe un peu notre immersion. Tale Of Us a l’air de savoir y faire, de loin, en gros kicks.

Plus loin la Boombox, la prochaine fois. Change de fréquence.

Flash spécial :

scholboy Q Free Flacko

A$ap Rocky n’a pas été libéré de Suède. Mais son remplaçant Schoolboy Q assure comme il le peut l’interim. Les Chantal de Dour ont cédé aux « Free Flacko ».

On termine la nuit dans le Pays du Surréalisme avec plaisir. Kompromat, où Vitalic réinvente la new-wave, en la corsant de boucles indus, pendant que Rebeka Warrior (des Sexy Sushi) apporte ce petit côté indé’ qui va bien au micro.

kiddy smile

Kiddy Smile, empereur du house voguing, vêtu de plumes multicolores tel un magnifique Ara, susurre les notes de « Show Me Love » de Robin S.

Sourires béats ou plus carnassiers, sur Lenny Dee ou les Casual Gabberz et surtout M. Oizo qui a décidé de nous en mettre plein la tronche.

«Dour, êtes-vous prêts à saigner des oreilles? Vous allez mourir.»

M. Dupieux place des montées, autant qu’il les déstructure. Les visuels sont clinquants, épileptiques. Le son est brut et massif, costaud. Une parfaite conclusion, qui enchante la Last Arena.

Générique final :

On place en bêtisier avec le sourire une gare de Lille qui ressemblait lundi à 15h, au camping A, toutes chaises de camping dehors.

 générique

Montage :

Mél Monyx

Réalisation :

Bosco

Dans le rôle de la joie, la gaieté, l’ivresse :

Tous les festivaliers qui couraient en débandade vers chaque concert…

… sans savoir des fois qui jouait.

Merci Tracks pour l’inspiration.

À l’année prochaine Dour !

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