Drumtabass Interview exclusive de Radium / Radium DTB Dream Nation Exclusive Podcast FREE

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Quand on regarde ta discographie, on s’aperçoit qu’il y a une évolution en passe d’une urgence, face à un mal non identifié, pour déboucher sur un affrontement plus direct, plus frontal. Est-ce ta confrontation au réel qui se répercute sur la musique ? Ou bien une dimension dans laquelle tu te projettes au moment de la composition ?

Euh, je suis pas sur de bien comprendre la question… Je dirais que ‘ma confrontation au réel’ et ‘une dimension dans laquelle je me projette’, c’est la même chose vu que je me confronte forcément au réel au travers de ma vision subjective, c’est donc une autre dimension personnelle dans laquelle je me projette…
Sinon, pour ‘l’évolution en passe d’une urgence face à un mal non identifié, pour déboucher sur un affrontement plus direct, plus frontal’, je pense pas à tout ça quand je fais ma musique, mais si c’est ce que ça t’évoque, je suis fier de moi!
Y’a-t-il encore des choses qui te révulsent, au sein de ce milieu ou dans la dimension commerciale dans laquelle se retrouve parfois happé le hardcore ?

Il y a des choses qui me révulsent dans ce milieu, mais elles n’ont rien de différent des choses qui me révulsent partout ailleurs…

On a cru déceler dans certains de tes récents propos au sujet des événements du Teknival, une véhémence par-rapport au monde des tekos et des passionnés qui les fréquentent. N’est-ce pas rejeter un côté de la scène, qui t’a peut être porté dans tes débuts ?

‘Cru déceler’, très bel euphémisme! Je vais me répéter, mais je ne viens pas de la free, que ça soit en tant que fêtard ou en tant qu’artiste… J’ai toujours été très critique vis a vis de cette scène, qui, malgré peut-être une évolution positive sur certains points ces dernières années, reste à mes yeux une scène de pseudo-rebelles qui se justifient d’une philosophie hypocrite à 2 sous pour se complaire dans l’amateurisme et l’irresponsabilité…

 
‘Pseudo-philosophie hypocrite’, parce que, soyons honnêtes, ‘tout est beau, tout est free, tout doit être fait juste pour le kif et pas de profit sinon t’es un vendu’, ça a jamais empêché les free d’être des super-marchés de la drogue, et les dealers d’engranger les profits, et bizarrement, ça n’a jamais dérangé personne… alors quoi, le public free est un public qui est prêt à payer pour de la drogue, mais pas pour de la musique ou un bon système son? moi, dj, j’ai pas envie de faire le job gratuitement pour enrichir des dealers…

 

 
Sans parler de la fréquente irresponsabilité des organisateurs de free, qui montent des évènements pour des milliers de personne sans rien en avoir à faire de leur sécurité, et s’il y a un mort, on dira ‘c’est de sa faute, il avait qu’à faire gaffe’, au nom du soi-disant principe d’auto-gestion, que pas un teuffeur sur 100 000 ne connaît réellement, et qui est juste une grosse hypocrisie pour ne pas faire face à ses responsabilités…

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Pour ce qui est de ‘m’avoir porté à mes débuts’, j’ai sorti mes premiers disques en 1995, mais jusqu’au début des années 2000, le hardcore était ultra-minoritaire en free-party, au profit de ce qu’on appelle aujourd’hui la hardtek… J’ai tourné essentiellement dans des raves payantes, festivals, etc… et même s’il est vrai que j’ai pu jouer dans des frees et des teknivals dans le passé, ça n’a jamais été une activité régulière…

 
Et quand bien même ce public ait pu me porter, ce n’est pas une raison pour que je valide des principes qui ne sont pas les miens… et quand, encore aujourd’hui, je reçois des messages de gens que je ne connais ni d’eve ni d’adam qui me traitent de ‘sal vendu’ parce que je ‘refuse de faire 800km pour venir jouer gratuitement à la free de leur cousin’, je me dis que je fais bien…

 

 

Tu es souvent cité par les dj’s hollandais et britanniques, pour représenter le côté frenchcore du mouvement. Y’a-t-il certains events qui trouvent tes faveurs et dont tu as envie de parler, dans ces contrées ? 

Oui, en Hollande, il y a un très bon feeling en ce moment autour du frenchcore, de nombreux évènements clubs réguliers tels ‘Frenchcore S’il Vous Plait’, et quasi tous les festivals tels  Dominator, Masters Of Hardcore ou Ground Zero ont maintenant une scène conséquente dédiée au frenchcore…

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En marge de ces soirées, y’a-t-il certains producteurs que tu affectionnes, des skeuds vers lesquels tu aimes plonger pour préparer un set Made In Radium 2017 ?

Oh, tous les incontournables de la scène frenchcore actuelle, Maissouille, the Sickest Squad, the Mastery, the Speed Freak, Bit Reactors, Psiko, dj Mutante, the Braindrillerz, Progamers, Adrenokrome…

Des chars Audiogenic Records se sont fait une place dans la chamade. Il y aura sûrement un bataillon destiné au hardcore cette année durant le défilé de la Techno Parade, en prélude de la Dream Nation, le 23 septembre. Comment perçois-tu l’évolution de la musique électronique, depuis la Techno Parade de 1998 ?

L’amélioration de la technique a conduit à un son et une musique plus stéréotypés et formatés… Le champ créatif s’est rétréci, mais le résultat est plus abouti…

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Un comparse nous en sortait des vertes et des pas mûres, sur ce qui se passait parfois, pendant le défilé des hollandais du Queen’s Day. L’année dernière, on croisait de sacrées loustics ou zombies, devant le char d’Ophidian. Tu n’aurais pas une anecdote chaude d’un truc louche, sexy, étrange ou pas banal, auquel tu aurais assisté, du haut des chars d’une Techno Parade ?

Je me souviens avoir bien rigolé avec des potes à prendre en photo tous les flics en civil qu’on grillait autour de notre char…

Le hardcore fait encore et toujours débat, au sein-même de notre équipe. C’est ce qui rend aussi l’évolution de cette scène passionnante. Des combinaisons de style teintent les lignes de bass, les frontières des musiques extrêmes deviennent floues. On adhère à la brutalité de cette mouvance et la force des lives, mais on rugit tout autant face à un set industriel de The Outside Agency ou aux accélérations crossbreed de Limewax ou Panacea. Y’a-t-il des artistes, dans un style et un bpm différents du hardcore et du frenchcore, que tu aimes jouer dans tes mixes?

Pas trop, j’avoue… Parfois peut-être quelques tracks plus hybridées uptempo ou terror en fin de set, mais je m’égare pas trop, en général…

Perso, nous gardons de très bons souvenirs de tes prestations au Bangface ou aux chapiteaux de Dour. J’ai vu que tu as partagé la scène du Dominator en 2017. Que penses-tu de la fougue des shows des events bataves, entre ending explosif et scènes surdimensionnées ? Est-ce un environnement dans lequel tu aimes évoluer en live ?

Comme j’ai répondu plus haut, oui, il y a un très bon feeling en ce moment en Hollande…

On te remercie et laissons nos lecteurs et hardcore heads, avec ton podcast azimuté, concocté pour la Dream Nation :

https://www.mixcloud.com/george-abidbole/podcast-radium-dreamnation-drumtabass-promomix/

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Vous pourrez y retrouver Radium, Evil Activities, Miss K8, Art Of Fighters, Manu le Malin, Maissouille et Lenny Dee, sur la Hardcore Stage.

Plus d’informations ici : http://www.drumtabass.com/focus-sur-dream-nation-festival/

Stay massive… Junglists, ravers, hardcore heads.

Bosco & El Frences Loco

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