DTB Flavour #7 – The Bass Society (DJ Absurd x Background)

DTB Flavour #7 - The Bass Society _DJ Absurd x Background_ - Dream Nation Promo Mix 2019

 

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En marge de cette interview, junglist, les deux loustics de The Bass Society nous ont préparé un podcast, spécial Dream Nation, que tu peux écouter ici :

https://www.mixcloud.com/DrumTaBass/dtb-flavour-7-the-bass-society-dj-absurd-x-background-dream-nation-promo-mix-2019/

 

 

Hello Absurd, Hello Background ! La pêche ? On vous a déjà croisés sur des places wazemmoises ou à des soirées lilloises. Mais pour ceux qui ne vous connaissent pas du tout, qui se cache derrière cette confrérie UK sounds nommée The Bass Society?

 

Absurd: Nous avons toujours entretenu un certain mystère autour du nombre exact de membres ainsi que sur leur identité. Nous sommes avant tout un crew et nous partageons des valeurs communes qui vont bien au-delà de la musique. D’ailleurs, certains de nos affiliés ne font pas de musique. Et le fait de ne pas communiquer sur un roster permet aussi d’éviter les infiltrations opportunistes de personnes pensant pouvoir utiliser le collectif à des fins de promotion personnelle avant tout. Nous aimons nous définir comme un club de moto où la moto serait remplacée par d’autres centres d intérêts communs.

 

 

 

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Et donc le fil rouge, le continuum espace/bass de la Society se joue sur la webradio Rinse France? C’est quand et comment se présente l’émission ?

Absurd: Notre émission est tous les dimanches soirs de minuit à deux heures. Nous y jouons la musique que nous aimons et nous essayons d’équilibrer la place que nous faisons aux nouveaux producteurs et artistes avec le fait d’inviter les figures emblématiques de la scène afin d’essayer de fournir le meilleur contenu possible à nos auditeurs.

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Vous avez plusieurs antennes, Paris, Amsterdam, Los Angeles… Comment ça se passe dans des capitales proches comme Amsterdam à l’année ? Vous vous exportez régulièrement pour quelques shows ? Ailleurs également ?

 

Absurd: Nous ne faisions plus d’événements publics depuis quelques années, ni à Amsterdam ni ailleurs, le temps pour nous de repenser un peu comment faire quelque chose qui nous plaise autant qu’au reste de la communauté et qui sorte un peu de ce qui existe deja ou de ce qu’on a pu faire par le passé. Nous reprenons les dances cette année avec notamment une nouvelle résidence au Rex qui débute au mois d’octobre. D’autres événements suivront très certainement à Amsterdam, où notre chapitre mené par Nixus a un panel de multiples possibilités et de choses a faire. Nous essayons de nous inscrire dans une démarche où il nous paraît plus important de prendre notre temps et de se concentrer pour développer notre truc selon nos codes et nos envies en essayant de ne pas tourner en rond.

C’est dans cette optique que Seb, notre soundman en chef, a méticuleusement choisi, fabriqué et fait fabriquer et assemblé chaque pièce de notre sound system jusqu’à la plus petite vis afin de pouvoir bénéficier d’un système de diffusion optimale pour nos genres de musiques lorsque les lieux le permettent. C’est donc plus long à mettre en place en accord avec ces différents paramètres mais cette saison devrait voir naître de chouettes trucs à Paris comme à Amsterdam. D’ailleurs nous profitons de cette occasion pour bigup nos frères Nixus et Hakeem, respectivement près des chapitres d’Amsterdam et de Californie.

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On a eu la banane pour vous, en voyant la Dream Nation dévoiler peu à peu les noms de sa programmation 2019, jusqu’à placer le vôtre. Cela fait quoi alors cette reconnaissance à domicile et la perspective de jouer sur un event aussi big, plus mainstream, en bass music ? Il y a-t-il des artistes du crû 2019 que vous conseillez aux massives qui nous lisent?

Background : C‘est vraiment un plaisir, et je pense que c‘est un symptôme de l‘évolution positive de la scène bass music à Paris. On sent vraiment que les choses bougent depuis quelques temps, aussi bien du côté des artistes, projets et soirées qui se multiplient, que de celui du public qui grandit et connecte de plus en plus avec ces sons. C‘est tout le sens de ce que l‘on cherche à faire avec DJ Absurd depuis un an, notamment avec La Dub War, où l‘on cherchait aussi à mettre en commun des artistes au-delà des cloisons de styles ou de collectifs, donc ce set à Dream Nation est une parfaite occasion de venir représenter cette ébullition sur une plus grosse scène.

Absurd: Pour ma part c’est la deuxième fois que je joue à Dream Nation, ce qui a le bénéfice de permettre d’appréhender la date avec moins de trac que lors de la première fois. Le fait que le festival nous ait confié la salle Bass de la closing party est un challenge extrêmement motivant et galvanisant dans la mesure où il nous permet de mettre en avant des styles et des artistes qui pour l’instant restent relativement absents des circuits traditionnels. Je pense qu’on peut dire que le festival prend un risque artistique (et dans une certaine mesure commerciale) en nous programmant sur le main event, sachant que les sous-genres que nous représentons, et notre approche se différencient du reste de l’affiche. Nous les en remercions chaleureusement ! Nous aimerions le voir comme un signe de la fin des frontières imaginaires entre les différents sous-genres qui composent la Bass Music et qui sont pour le moins stériles.

 

En revanche la notion de mainstream me fait tiquer. Je ne pense pas qu’on puisse dire que Dream Nation est un event mainstream, en tant que passionnés on a parfois tendance à oublier que nos musiques favorites restent malgré tout des musiques de niche. L’exemple que j’aime prendre c’est : si tu vas te poster à l’endroit le plus fréquenté de ta ville et que tu commences à demander à chaque passant s’il connaît tel ou tel artiste Bass Music que tu estimes « mainstream », il y a de fortes chances pour que 99% des gens n’aient absolument aucune idée de qui et de quoi tu parles. Le mainstream c’est Beyonce, pas « nous ».

 

Je pense que le set de Black Sun Empire va être un moment particulier pendant le festival car ce sont les seuls artistes 100% DnB du line-up. Je pense aussi que le set de 12th Planet va être un sacré bordel, car il a une énergie incroyable et il a détruit le truc à chaque fois que j ai eu l occasion de le voir jouer.

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D’ailleurs quels sont vos spots préférés de Paris, pour aller taper du pied?

Background : J‘ai plutôt tendance à réfléchir en termes de collectifs et soirées et à les suivre partout où ils vont. Pour répondre en termes de lieux, j‘ai un attachement particulier à l‘International, où l‘on organise les soirées SeekSickSound depuis un an, parce que c‘est un lieu très ouvert musicalement (y compris en dehors des musiques électroniques), notamment à la bass music dans ses diverses formes, ouvert aussi à des initiatives originales et à des programmations éclectiques ou très axées sur la scène locale : c‘est vraiment l‘une des salles où peut se développer la scène bass parisienne en ce moment à mon avis.

Absurd: Mon camarade a parfaitement résumé la situation et c’est effectivement plus une affaire de collectifs et d’events que de lieux à proprement parler. Force et respect à tous les collectifs de l’Hexagone pour le travail acharné et leur dévouement à la communauté.

 

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Dans une pure tradition junglist, on peut se procurer vos compilations « La Dub War» . Vous pouvez-nous en dire un peu plus sur ce projet ?

Background : A la base, c‘est un projet qui est né sur le groupe Facebook de The Bass Society. Le groupe venait d‘être créé et il a vite réuni un large pan de la scène, notamment de ses producteurs, donc Skwig a proposé de lancer une dubwar c’est à dire un « fight-club » musical dans la pure tradition du soundclash Reggae originel , avec un premier morceau adressé à Jumboclat. On s‘est rapidement retrouvés avec une vingtaine de titres, de manière très spontanée, donc on a décidé de sortir le tout sous la forme de compilation gratuite sur le Bandcamp de TBS. Le premier volume a reçu un bon écho, ce qui nous a permis d‘amplifier les choses pour la seconde compilation, et de faire quelque chose d‘un peu différent pour la troisième qui sortira très prochainement.

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L’héritage de la street culture, des vinyls dealers et des caissons jamaïcains résonne dans votre squad. Background, Absurd, comment avez-vous su que vous aviez trouvé votre vocation ? À quel moment avez vous embrassé la vibe pour ne plus en sortir ?

Background : Question difficile. C‘était plutôt un processus graduel pour moi – j‘étais plutôt ancré dans les scènes expérimentales et noise à la base, avant de me pencher peu à peu sur ces musiques via des labels comme Hyperdub, Planet Mu ou Hessle Audio. L‘envie de les mixer – et d‘en écouter plus – est venue assez vite en écoutant ces sons : je me retrouve pas mal dans l‘idée de créer quelque chose en présentant les morceaux d‘autres artistes, de (re-)connecter des choses qu‘on sépare souvent un peu vite par facilité. Du coup, ce sont des scènes dans lesquelles tu te retrouves vite acteur : tu as envie de jouer les morceaux des amis, de mettre en avant tel ou tel producteur qui t‘a envoyé des morceaux et en qui tu crois vraiment. Ca aide clairement à ne plus en sortir.

Absurd: Mon premier contact avec la Bass Music s’est fait via une personne de mon entourage qui était au coeur du truc à la fin des années 90 en Angleterre et qui nous faisait parvenir des cassettes de mix des radios pirates. Puis lors d’une visite à London peu de temps après, je suis allé à une soirée UK Garage et là ça a été le coup de foudre immédiat : tous les éléments de tout ce que je kiffais étaient réunis tant musicalement que dans l’esprit et dans la Dance elle même. Du coup j’ai commencé à produire ce genre de musique et à le jouer de façon prédominante très vite, à participer à des clashs, sortir des tracks et collaborer avec le plus de monde possible et à m’investir à fond dans cette communauté. La passion n’est à ce jour pas amoindrie du tout, intense comme au premier jour.

Background : Je suis arrivé plusieurs années plus tard, mais j’ai vraiment la même impression, celle de me rendre compte que la bass music regroupait, d’une façon ou d’une autre, tout ce que j’aimais dans d’autres musiques auparavant. Je crois vraiment que c’est effectivement de là que vient la passion pour ces musiques et le fait qu’elle reste la même toutes ces années après.

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La découverte de la bass music, aujourd’hui, est une connection qui peut se faire plus aisément. Ce n’était pas le cas il y’a encore quelques années. Par curiosité, quel show ou festival vous a complètement plongé à vos débuts, dans le mouvement ?

Background : Comme je disais à l‘instant, c‘étaient plutôt des sorties en réalité – des trucs que j‘écoutais en boucle comme les premiers Ramadanman, FaltyDLou Cosmin TRG. J‘écoutais aussi en permanence Rinse et Sub FM pour suivre ce qui se passait. Après, il y a quand même des moments marquants à l‘époque où j‘habitais encore à Lille – Oddateee qui joue du dubstep avant Dälek en 2009, Starkey au Dour Festival l‘année suivante ou Kode9 à l‘Aéronef en 2012. J‘ai déménagé à Paris cette année là, je me souviens notamment d‘un set de Pearson Sound au Batofar dans les mois qui suivent – il avait calé le classique grime « Feedback » de Jammer en fin de set, un son abrasif et quasi-punk, l‘effet était assez malade.

Absurd: C’est sans hésiter le show dont je te parlais dans ma réponse précédente. Je ne me rappelle plus de tout le lineup ni même de l’endroit avec certitude car je ne connaissais presque rien et que je n’étais pas encore familier avec London, mais c’est DJ Luck et MC Neat qui m’ont mis une claque de bûcheron dont je pense que je ne me remettrai peut-être jamais. Puis la première fois que j ai vu EZ à l’époque, car sa technique de mix était fascinante et se rapprochait par moment des délires de routines Turntablism dans lequel j’étais à fond à ce moment.

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Et au fur à mesure des années, sans trembler du menton, quel est chacun votre artiste fétiche?

Background : Disons Kode9, pour la capacité à tracer des ponts entre les différentes scènes de la bass music et celle à toujours capter les nouveaux sons qui émergent.

 Absurd: Scientist, Lee « Scratch » Perry et King Tubby.

Certains d’entre vous sont producteurs également ? Vous avez peut être une ou deux bombes à venir dans les bacs, à nous présenter ?

Absurd: Oui tu peux surveiller les shops, j’ai pas mal bossé en amont et j’ai d’ores et déjà un release minimum par mois à paraître à partir de septembre. D’autres artistes vont également sortir sur le label The Bass Society, Soft Matter sera le premier d’entre eux, et un projet un peu différent mais qui garde un pied dans la bass music qui s’appelle Beat Grafters va également commencer à montrer sa Sub en public.

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Enfin, quelle est votre ligne de métro préférée, les Bass Society (pas forcément à Paname)?

Background : La Voie des Fêtes, ligne fantôme parisienne qui était censée relier la 3bis et la 7bis, où se trouve la station Haxo. (https://www.facebook.com/haxosounds/)

Absurd: A Paris la 8, la 2, la 6 mais en fait aussi la 9, la 3 et la 7 et peut-être la 4 ah oui et la 7bis aussi. Une pensée nostalgique aux wagons RER MI84 de la ligne A dits « Goldorak » et aux trains de banlieues Z 6100 de la ligne PSL dits « petits gris », à London la Victoria Line, et la ligne 1 à Lille bien sûr !

En tout cas les gars, ça nous tenait à coeur de vous interviewer et de vous proposer de parler de ce collectif chanmé. On vous souhaite le max de public sur le dancefloor, le 21 Septembre, aux Docks De Paris, à la Dream Nation. On vous retrouvera également ce vendredi 30 septembre, à la soirée Under The Room, à The Room (Rue Gambetta) à Lille .

Merci beaucoup pour vos réponses et check haut!

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