Made In Belgium With Love : Dour 2018 .

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Dour 2 visuel

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Made In Belgium With Love!

Claire, colorée, festive, industrielle aussi puisqu’elle figure sur des containers. C’est par cette maxime au houblon, que nous accueille Dour, 29ème millésime !

Nous avons fêté nos baccalauréats ici, certains démarrent leur été depuis 18 ans, par une virée sur La Plaine De La Machine à Feu. Trac gagné par l’excitation, avant de jeter un œil au total relifiting. Cette année les scènes ont été repensées, pour une fluidité indéniable. Le résultat est assez chanmé. Noyé sous la foule d’un public plus nombreux, les deux dernières éditions dénotaient. La sensation de se trouver dans un énorme parc d’attractions et de concerts, dossard d’un marathon pour rejoindre une scène à une autre, est oubliée.

Situées près des éoliennes, les scènes ont gardé leur identité, mais se sont regroupées autour d’un noyau, cerclées et délimités par des containers taggués au pastel. L’effet industriel rappelle les meilleures raves outdoor de Rotterdam , la proximité des scènes renforce l’effet soundsystems et rassemblement. Un aspect très bien géré, d’autant que les sons des diverses stages ne se chevauchent pas.

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Le festival commence fort, avec une prestation remarquée, sous le soleil couchant, de Modeselektor & Pfadfinderei, qui animent les frimousses technoheadz sur la piste. DJ Premier prend son rôle de tête d’affiche du credi (RIP M. Le Président) on ne peut plus au sérieux. De lourds accords parfois oldschool, parfois soul, toujours puissants : la légende en met plein la vue, les streetboys plein les poumons.

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L’affiche a tapé dans l’électronique, avec une programmation très techno et musiques électroniques. La Balzaal elle aussi a fait sa mue.

Aux commandes d’une espèce d’astronef, on observe le back to back de Joe Ford & Frankee . Moins monumental, le vaisseau rave music a un rendu plutôt plaisant.

Junglists au sourire héberlué croisent quarantenaires hagards en mal de beats house et acid. Le back to back des DJ, sonne fort RAM Records, le label d’Andy C.

Deux influences dans ce set assez plaisant : parfois des nouvelles exclus sunlight et vocales, pour basculer sur du old school efficace, comme le « Fly Away Home » de Concord Dawn.

Plus trapu, Ice 3 commence à poser quelques phrases, en innondant le public et les réseaux sociaux de selfies.

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Les junglists flamands, comme dunkerquois, affluent en masse pour le début du set de Macky Gee. On repère un ami, que l’on nommera Courtois (le côté râleur), qui n’adhère, mais alors pas du tout à la corrida.

«  Horrible, pour jouer de la ducasse pareil, je lui propose de partager sa loge avec Mr Oizo, au Tomorrowland ».

En effet, on est passé à un autre registre. Macky Gee envoie de coriaces patates aiguës, qui ravagent le dancefloor. ICE 3 hurle à la lune comme un wisigoth. Les jeunes massives s’en donnent à cœur joie sur le radical « Space Hopper » en rebondissant de plus belle, soulevant des nuages de poussière.

L’anglais devrait s’essayer aux séances de fitness jump up, car sur le remix « Black Widow » tout le monde est chorégraphié. Le décompte, en français dans le texte s’il vous plaît, de 1 à 10 de « Techno » de Dimension, donne le la, entre tournées de bières offertes.

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Jeudi, day of drum’n'bass, ça fleure bon les souvenirs ! On cherche longtemps un ancien membre du collectif, au départ du trio des assassins de la Eatbrain League. Jade, Agressor Bunx et L33 livrent une performance assez académique et peu surprenante, mais diablement bien préparée. On doit aimer piocher dans les skeuds de Technique Recordings dans l’équipe . Le VIP de « Caterpillar » de Bassline Smith ou la track « Shutdown » puisent dans nos cervicales .

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Mefjus  cisaille le pit, avec le scalpel « Suicide Bassline », sort de son bac les nouveautés du dernier album et prépare le terrain pour le comte DJ des Black Sun Empire. La grosse claque dark du festival, alors que la nuit noire gagne les terrils.

Multiplex MC  égaye de rires démoniaques au micro, un set possédé. On se croirait échappé d’une compilation Thunderdome, où le tempo devient plus frénétique, pour accoucher d’une messe noire sur le remix de  Killbox « The Veil », pull upé deux fois par le savant fou hollandais, la lune bien haute dans le ciel.

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On aura entraperçu Noisia, qui agite ses decks avec brio, entre anciens tracks et plus récents, comme l’ « Asteroids ».

Le vendredi, la seconde rafale drum’n'bass viendra du show des vizirs malfaisants Audio & Ed Rush. Bourrin à souhaits, Audio y va avec une fougue inhumaine, sur les cris d’agonisante créature de « Clickbait ».

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Ed Rush recadre, par des suées alien jungle de « Shoreditch Shuffle », nous ramenant à de l’ambient d’hangars désaffectés. Les petites lunettes rondes d’un ancien du bahut, venu pour le duo, encaissent le cataclysme.

Verdict sans appel, pronostic validé, pour le Pleasure Palace de la drum de Killbox !

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On se sera attardé également sur d’autres bpm, même si la programmation n’était pas autant variée cette année. L’un des moments forts et irréels du festival : le double géant androïde des Chemical Brothers, qui tel un kaïju, monstre du cinéma japonais, danse dans le tempo, sur les écrans de la plaine et la nuit belge. 10 ans après, les longs cheveux d’un des deux artistes ont fait place à un crâne rasé. Cela tombe bien, chez Drumtabass, on a suivi la même influence. Le set est constant et réalisé avec perfection.

On constate également avec plaisir que le problème du son qui se perdait de la Last Arena, des années précédentes, a enfin été résolu. Bravo à la team Dour, de n’importe quelle position dans le public, on est transportés. Subjugués même, sur « Hey Boy Hey Girl » ou le bollywood « Galvanize ».

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Le hip-hop conscient simple des TSR Crew  nous a ravis aussi . Cône à la main, whisky coca dans l’autre, mais avec toujours de la place pour le micro, les français se taillent une belle place au soleil. Même notre ami Courtois y trouve son compte.

Le live vivant musicalement et scéniquement parlant de Juicy  fait office de bonne surprise. Le stoner instrumental des écossais de Mogwaï, toujours aussi prenant aux tripes, verse une liqueur de rock dans une ambiance tamisée électronique.

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D‘autres têtes d’affiches divisent. Booba , jouant la tête à claques, le Duc de Boulogne ne chante pas vraiment sur les quatre premiers morceaux. Il est venu habillé en Air Max 97 et en sapes Gucci rose et s’arrose le gosier de lampées de son whisky D.U.C . , en piquant les footeux marseillais.

Pas assez sérieux pour certains rudeboy, qui prennent le large, le public se divise. Etrangement ambivalent, la suite du concert gagne en intensité, comme sur le ghetto trap « Gotham », ambiance L.A. et lumières violettes. Le public belge récite en choeur quasi toutes les paroles d’une set-list pourtant exigeante, remplie de nouveaux morceaux.

Le mastos lance ensuite les cordes pincées de kora sénégalaise de « DKR » , morceau polémique et peut être le plus subtil sur l’Afrique, ses clichés et ses travers. La fin du concert tisse une mine béate sur la foule, qui en redemande.

En flânant les autres jours, on aura énormément apprécié le show live techno de Stephen Bodzin . Comme un souverain sur son trône, encadré de trois claviers, certaines boucles résonnent encore et ont fait côtoyer d’autres galaxies à Dour.

Vidéo 

Le lien de la vidéo n’est pas notre propriété.

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Dour c’est aussi un crépuscule qui est parfois trop vite gagné par l’aurore et le lever de soleil.

Dans le rayon des volées musicales, on retiendra la chill house de Chicago d’ Honey Dijon, sur fond d’oasis rave et astres couchants. Tout comme la pêche techno et disco de The Black Madonna, qui vit son live, sans fioritures, ainsi que l’efficacité inébranlable du duo Soulwax.

On retiendra aussi les mâchoires serrées et le live habité final de Manu Le Malin, qui n’a eu cesse de nous coincer en sombres accolades indus, pour basculer dans le plus sordide des hardcore, au fond de la Caverne d’un Platon, en fin de vie.

Moins technomanes, le set acid de Dax J  nous a pourtant convaincus, sous les conseils d’un DJ, qui s’est présenté sous l’appellation « ourson ».

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On a moins aimé l’ambiance trop cosy et propre Boiler Room d’AZF, que l’on préfère devant un gros mur d’enceintes.

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Au repliage de la tente, c’était une belle épopée, dans un no man’s land belge, qui n’a pas perdu sa passion. Au contraire, la juxtaposition de la cité de containers et de scènes, avec les éoliennes, amène un effet underground et plus musique indépendante des plus appréciables.

Pour améliorer l’expérience du festivalier, dans cette parenthèse enthousiasmante, même si des menus sont apparus, il faudrait peut être appuyer sur la qualité des foods. Pour recharger les batteries, des meals plus frais, peut être moins de grillades entre deux shows, et hop, vous avez un junglist retapé, qui tiendra cinq jours.

Le festival se met à la page, laisse entrer la modernité, comme ces accès, qui nous donnent l’impression de pénétrer dans le metro. Mais ce nouveau cap offre une circulation aérée, une insonorisation réussie entre les scènes et une expérience grisante. Le parking, qui était un point noir épineux et faisait vite redescendre, ne pose plus problème dans cette configuration. Un incroyable bol d’air en quittant la Plaine !

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A l’année prochaine pour les 30 ans de notre festival chéri, avec on espère plus de surprises à l’affiche !

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Les photos sont prises par notre cher Paco 

Vous pouvez les retrouver, dans leur intégralité, ici :

Photos 

report par Bosco & Hi33P – www.drumtabass.com