Interview exclusive d’Ophidian avant la Dream Nation (22 septembre / Docks de Paris)

20170819_Decibel_Outdoor_120_Richard_0643

Hello Ophidian, comment vas-tu ? En marge de la Dream Nation du 22 septembre, où tu te produiras aux Docks de Paris, se jouera le défilé de la Techno Parade, l’après-midi. En 2016, tu avais passé quelques disques, avec Ruffneck. On avait grandement apprécié!

 

Depuis deux ans, le nombre de collectifs hardcore qui y participe a augmenté, parmi les artistes plus techno. Comment avais-tu vécu du haut du char, cette Techno Parade 2016? Depuis ta dernière venue à Paris pour la Hard League avec Frenetek, en mai 2007, comment vois tu l’évolution de la scène hardcore française ?

 20170819_Decibel_Outdoor_120_Richard_0643

Jouer à la Techno Parade était une expérience bizarre. C’est fou de voir le nombre de personnes qui se rassemblent pour une manifestation si éphèmère ! Nous avons passé une très bonne journée. Tout le monde était dans une bonne vibe donc l’atmosphère était également excellente. L’évolution de la scène française a toujours était un peu différente de celle ici aux Pays-Bas. L’atmosphère des événements et la musique est autrement plus underground chez vous. Même aujourd’hui où le son Hardcore français est devenu vraiment populaire aux Pays-Bas, on ressent toujours une différence.

 ophidian beetxeen

Tu as un répertoire plutôt sombre et atypique, des influences presque oniriques… Dans « Middle Children » tu samples Tyler Durden de Fight Club, dans « Illusions», c’est Game Of Thrones. Puises-tu beaucoup ton inspiration, dans le cinéma et les oeuvres télévisuelles?

Y’a-t-il des films ou des séries plus récentes, qui t’ont vraiment mis une claque et donné envie de faire dans le passé ou prochainement des titres?

 

Effectivement, je tire beaucoup d’inspiration des médias comme le cinéma et la télé, mais aussi des livres et des jeux. Si je fais référence à une source ou lorsque directement je la sample, c’est toutefois généralement plus discret que pour les deux exemples cités. J’ai récemment éte inspiré par des jeux sombres, atmosphériques tels qu’« Inside ». Parfois, la manière dont cela se traduit dans mon propre travail est très indirecte.

 Ophidian press 2 nw

Ton son semble se démarquer des autres, par une approche parfois moins upfront, des ponts plus réfléchis, souvent des notes de piano et beaucoup d’harmoniques. C’est ce qui m’avait frappé et interpellé, à l’écoute de tes productions. Le combo avec les passages plus lourds et industriels fait vraiment mouche. As-tu suivi une formation poussée de solfège, que tu réutilises en studio pour aboutir à ce résultat? Ou est-ce ton passage aux Beaux-Arts d’Utrecht qui a eu cette incidence?

 

Ma formation portait plus sur l’aspect technique et théorique des choses. J’ai appris la production et la composition par des voies plus conventionnelles. Je pense que la combinaison de ces éléments que tu peux entendre dans ma musique est le résultat du mélange de divers contextes de ma vie et de mes centres d’intérêts (qui tournent souvent autour de l’écriture classique et moderne, les sons plus traditionnels et ceux à résonance plus actuelle).

Créer un impact émotionnel par la combinaison et l’opposition des ces éléments singuliers est fondamentalement ce que je recherche.

 Ophidian press pic  1

Pour les fans de producteurs et sans vendre la mèche ou un secret, il y’a-t-il un synthé ou une machine que tu affectionnes, dans ton processus de production en ce moment ou que tu conseillerais, pour travailler les beats hardcore?

 

Je n’ai pas réellement de synthé ou d’effet fétiche. Comme dans mes récents challenges vidéo sur YouTube, j’aime commencer sans me fixer de méthode ou de point de départ. Il y a quelques plug-ins que j’aime utilise pour sculpter et cleaner mes sons, notamment parmi ceux d’UAD et Fabfilter. Généralement, je n’utilise pas d’effets spéciaux pour créer mes sons, juste beaucoup d’EQs, et peut-être un peu de filtering ou de saturation. Je n’aime pas lorsque les plug-ins en arrivent à trop s’imposer dans le son.

 Ophidian 2 Ophidian Main Sequence

Peux tu nous parler un peu plus, de ton avatar Meander? Un ami débarqué du festival Ground Zero me l’a évoqué, en m’en disant le plus grand bien.

 

Meander est le nom que j’utilise pour sortir de la musique dans d’autres genres que le Hardcore, souvent de l’IDM, de la Drum’n'Bass et du Breakcore, mais parfois aussi des sons plus chill. Il existe de nombreuses tracks non terminées et non-publiées pour cet alias qui trainent par-ci par là, et j’aimerai en sortir plus. Depuis le dernier album de Meander en 2014, j’ai juste été tellement pris en tant qu’Ophidian et pour d’autres boulots que je n’ai pas pu envisager de préparer de nouvelles sorties pour le projet. Ceci dit, j’ai tout de même discuté de certaines sorties et j’espère avoir quelque chose de prêt très prochainement.

 Ophidian 1

En 2018, et les années précédentes, l’actualité a plutôt été chaude, du côté du label, que tu co-signes avec Ruffneck, Enzyme Records. Une batterie de remixes de l’anthem « So Many Sacrifices» notamment ou des repress divers en 2016 et 2017. Peux-tu nous en dire un peu plus à ce sujet? Quels opus ou tracks retiennent particulièrement tes faveurs, parmi les 86 sortis?

 

Le dernier Hardez, le 86, sonne plutôt bien ! Je suis heureux qu’il y ait plus de ce type de sons sur le label. Les autres classiques sont pour moi l’album des Mindustries, les tracks épiques et mélodiques de Nosferatu, et bien sûr la série des Enzyme X, mais il y a tellement de petits joyaux dans le catalogue. Je suis également toujours fier de la plupart de mes sorties pour le label, mes trois albums y compris.

 enzyme

Le 22 septembre, à la Dream Nation, tu te produiras aux côtés de Promo, Angerfist et pas mal d’échappés de la scène italienne, comme Mad Dog ou Anime. D’inspirations et de contrées différentes, le hardcore frappe souvent par la proximité et l’impression d’affiliation entre les DJ’s et producteurs, unis dans un même mouvement. Te réjouis-tu de partager à nouveau l’affiche avec ces allumés?

 

C’est toujours excitant de se retrouver avec les autres DJ’s et de traîner avec eux. Je ressens avec certitude que dans la scène Hardcore, les DJ’s sont plus ouverts et amicaux envers les un les autres. Il y a moins de médisance que ce que j’observe par exemple, entre des DJ’S EDM sur Twitter et compagnie. Nous avons probablement un sentiment plus frappant, combo d’appartenance et d’unité, liés à cette scène.

 Ophidian press 1 Credit Dennis Steinkamp ophidian

Merci énormément à toi, pour tes réponses à nos questions et pour la curiosité de nos lecteurs. On se donne donc rendez-vous devant les enceintes, le 22 septembre, aux Docks de Paris, pour une soirée qui s’annonce épique et métallique !

980x400

-Bosco -

Nekuone pour la traduction

www.drumtabass.com