Interview Exclusive – POHY (One More Tune Rinse FM / Safe Travel Radio Campus Paris)

crédit mika cottelon

crédit mika cottelon

Crédit : Mika Cottelon

 

 

 

 

 

 

Hello Pohy ! Sur Lille, on t’a connu dans les soirées 1Step4Ward. Mais pour ceux à qui tu es moins familier, peut-être peux-tu nous présenter le gangster et ses projets actuels?

Salut Bosco ! « As far back as I can remember, I always wanted to be a a gangster »

En effet, mon parcours a commencé dans le Nord avec mes frères d’armes de 1Step4Ward, il ya bientôt 15 ans maintenant. C’est avec eux que nous avons lancé nos premières soirées et participé aux premières émissions de radio, je pense aux Jungle Junkies & Unlike Sessions ! Là, ca fait 10 ans que je suis à Paris et je me suis débrouillé pour préserver l’authenticité de mon travail, c’est à dire continuer de chercher les nouvelles tendances qui se dessinent en Bass Music au sens large et surtout de pouvoir partager ce qui me fait kiffer.

 Cela a toujours été le moteur. Le jour où je ne ressentirai plus de plaisir à découvrir de la nouvelle musique, j’arrêterai, mais aujourd’hui, ça n’est pas le cas.

 Avec mon « Skeng Brother » Dj Bluntsman, nous tenons 2 émissions de radio sur paris. La première est nommée « One More Tune » sur Rinse France et la seconde est « Safe Travel » sur les ondes de Radio Campus Paris. Nous jouons et discutons autour de la culture Sound-System essentiellement!

Ces dernières années, on t’a vu de loin jouer aux côtés de MC Taïwan, mais aussi avec ton acolyte skanker Bluntsman ou plus récemment en compagnie du crew Forever DNB. Pas mal d’artistes essaiment de la capitale et squattent également les stages des festivals bass music d’Europe .

Quel est ton avis sur la scène parisienne actuelle?

Yes, c’est vrai que j’ai eu l’occasion de passer une superbe année musicale. En plus des émissions de radio que je tiens avec Dj Bluntsman, j’ai pu voyager occasionnellement dans divers coins de France pour rejoindre Taiwan Mc et jouer de la Drum&Bass pendant ses Showcases, dont la fête de l’humanité. Dernièrement nous étions invités, toujours avec Dj Bluntsman à enflammer le dancefloor du Rex chez Forever DNB pour représenter One More Tune.. Il est certain que je prends toutes ces expériences comme de l’enrichissement positif et le fruit d’un travail acharné.

 Pour être tout à fait honnête, si tu veux connaître mon avis sur la scène parisienne, je dirai qu’elle n’a jamais été aussi hétéroclite! Actuellement, quasiment tout les styles de Bass Music sont représentés dans la capitale.. La Drum&Bass s’est ouverte et le public semble chercher d’autres vibrations que celles de la Neuro qui régnait en maître depuis quelques temps à Paris. Les jeunes s’intéressent à la Jungle et aux origines du mouvement. Côté Dubstep, nous ne sommes pas à plaindre non plus.

 Les différentes écoles y sont représentées et bien que des fois les moyens soient difficiles, les soirées se font et les souvenirs se créent. Dernièrement, on peut également ressentir un regain d’intérêt pour la scene Bass House/Garage, et il y a aussi une très forte communauté « Dub » présente.. Vraiment, il y en a pour toutes les oreilles et franchement, de mon point de vue, c’est un véritable plaisir de pouvoir graviter et de faire mon travail de dj dans Paris.

Forever DBD

Crédit : Forever DNB

Sur le plan personnel, tu t’es remis à la peinture, car tu as aussi suivi une formation aux Beaux Arts. Parmi les rats façon Splinter, tu t’es exercé sur des portraits aux « marqueurs et peinture », des mâchoires dorées de Goldie ou encore des pommettes saillantes de Skream. Quelle place occupe ces fers de lance, dans ton background artistique? Il y’en a-t-il d’autres qui ont forgé tes tribulations et nourri ton investissement musical?

Tout à fait, j’ai ressorti les marqueurs et autres ustensiles pour créer des images en parallèle. J’ai pas mal de réflexion plastique en cours sur la repetition et le sample, l’accumulation et la surconsommation, la digitalisation quotidienne.. Des phénomènes contemporains que l’on traverse tout les jours sans même s’en rendre compte, mais qui sont pourtant bien là. Ce sont mes recherches lancées actuellement.

 Pour travailler la série de portraits que tu citais, je m’inspire essentiellement de mon quotidien, ce que je vois, vis, lis, m’interpelle, écoute.. et la musique ayant une place importante, j’en profite pour illustrer et rendre hommage à certaines personnes de cette industrie, qui ont été d’une manière ou d’une autre une source d’inspiration à des moments précis ou encore actuellement.

 A ce jeu des références d’ailleurs, j’aime aussi puiser dans le cinema, l’histoire de l’art, la culture Geek ainsi que mon entourage pour pouvoir établir un univers iconique personnel et je l’espère représentatif de notre époque.

(Vous pouvez retrouver une bonne partie de mon travail sur: https://www.instagram.com/matthieu_meunier/)

crédit Frédéric Lopez

Crédit : Frédéric Lopez

Halfbeat, jump up… Les appellations et styles de tracks en drum’n'bass deviennent un fourbi, pourtant savamment organisé. La playlist de ton guestmix résonne aussi comme éclectique et nous emmène dans les bacs de divers artistes, à droite, à gauche… Quel est ton avis sur ces mouvances ? Chez quels labels vas-tu puiser ?

Tant mieux que tu aies ressenti ça ! Je défends le maximum de versatilité quand je construis un mix. Je me suis rendu compte avec le temps que les étiquettes me dérangeaient, et que je n’aimais pas être attribué à des cases. J’aime la Drum&Bass pour ce qu’elle est dans son ensemble, la richesse de ses explorations et son énergie particulière.. Il y en a franchement pour tout les goûts et tant mieux.

 De mon côté en tant que Dj, il m’est impossible de poser des barrières dans mes sélections. En gros ça se résume à si j’aime, je le joue. Evidemment je favorise quelques tendances, mais comme je disais plut tôt, j’aime emmener mon auditoire vers des terrains inattendus et ceci je l’applique pour toutes les musiques que je joue.

 Les labels que je surveille systématiquement en Drum&Bass sont par exemple Playaz, Hospital, 31 records, 1985 Music, Signature, Low Down Deep, V records, Philly Blunt… et bien d’autres !

Pour les junglists et ceux qui squattent le derrière des platines, aurais-tu quelques coups de coeur en ce moment, pour y jeter une oreille ?

Je crois, comme beaucoup de junglists cette année, avoir été assez soufflé par le travail de Benny L, qui a vraiment été remarquable.

 Depuis ses débuts, je suis de très près le travail de Dj Serum en général que ce soit ses productions, son label Souped Up, ou sa collab avec Bladerunner & Voltage pour le trio Kings Of The Rollers!

 J’avoue surveiller les prochaines sorties Hospital, qui ont su adapter leur direction artistique avec brio, attendre les prochaines tracks d’Hazard et aussi ne toujours pas m’être remis du monstrueux projet 20/20 par Ivy Lab ! Je suis assez optimiste à propos de la bonne santé de la Drum & Bass en général, et pense sincèrement que l’on va encore être fortement surpris dans les prochaines années.

 Sinon, en général, soyez curieux, continuez de chercher ce que vous aimez écouter, laissez vous surprendre.. & Don’t believe the hype !

Merci beaucoup à toi, pour cette plongée dans ton univers et tes réponses. On pourra te capter sur les ondes le dimanche 20 janvier pour One More Tune avec Veak (Serial Killaz) comme invité, et te croiser à la Machine du Moulin Rouge le samedi 9 février pour les 5 ans de Rinse France !

Absolument!

Merci Bosco, Merci Drumtabass!

Respect pour votre travail et de la force pour la suite!

Big Up

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