Le siège de Boomtown – Report by Bosco

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Le temple aztèque des steppas

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La scène reggae/dubwise est paradisiaque. Palmeraie de fraîcheur, son bien léché et boulot colossal : tout un temple amérindien a été reconstitué pour la Lion’s Den. Les divinités du soleil accueillent leurs invités sur un live séduisant des Mungo’s Hi Fi. Charlie P et Eva Lazarus mettent un gros level, toute la pente y va de son pas de danse.

 

Les dubbers de l’Education Nationale sont sceptiques devant le set de Mad Professor, qui mixe comme dans son garage et offre des vinyls. Seulement ils ne sont pas lancés assez loin pour atteindre le parvis des skankers. Qu’importe, quelques se risquent à franchir la barrière de sécurité.

Le Trenchtown vivra de grandes heures, pendant le back to back de Benny Page et Ed Solo. Duo accordé à la perfection, le deuxième y va de ses quelques anthems. Les junglist crêteux enlèvent le cran d’arrêt de leur gun, sur le banger « Who Knows – Protoje & Shy FX »,  du premier.

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Le peu de sagaces de la Poco Loco, assiste à un concert anthologique de Pharaoe Monch, bourré de rimes intimistes anti-dépendance, mais aussi d’anecdotes perso de fin de bouteille. Il imite au mic le ton bestial de Busta Rhymes, qui l’a une fois retrouvé, dans les coulisses d’un concert, criminel et incapable d’aller toaster.

A peine le temps de sortir du fou rire, que le rappeur du Queen’s décoche un « Simon Says » qui brûle l’herbe sur son passage : hystérie ! Leçon radicale de DJ Craze, ensuite, qui boucle la prog du chapiteau, devant son parterre : tout en groupies et taches de rousseurs.

 Mel Craze

Un bordel à Macao, dans les travées de Chinatown au 25ème siècle

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On croise de tout, de rien, des bonnes sœurs bataves, avec l’Abbé Rton corse. Nicky Blackmarket aussi, qui joue au trampoline avec les anglais du Dubtendo, rouges de coup de soleil, sur « Ruffstuff – Duck’n’Dive ».

Slipmatt claque THE set rave 90’s. Devant le soleil couchant, une centaines d’orbites, pas encore revendus au marché noir, oscillent derrière les lunettes noires, sur le son des Chemical Brothers – Hey Boy Hey GirlPraga Khan – Phantazia ou T99- Anasthasia. Zinc appareille le vaisseau de la Robotika, pour la jungle d’ Atlantis- LTJ Bukem.

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Les asiat peuvent acheter des culottes sales d’écolière dans les burusera, distributeurs automatiques, cachées dans les boutiques des appartements. L’odeur est très importante, elle ajoute de la valeur au produit de base. Ici, c’est la bande-sonore qui réunit les déviants, dans un cross-over très réussi entre futur dépravé de Blade Runner et ruelles chinoises.

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Pourtant pas de Vangelis ici, plutôt du gros mashup. Le duo Stanton Warriors se la joue stars de la pagode du palais-casino de Macao, pendant que crépite les highlights et les remixes. Kasra, sur le même spot, convainc les fans de Critical Music.

 Vidéo ici –>       vidéo stanton

DJ malfamés & docks démoniaques, marinade Scrapeyard

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Le groupe des rivaux de Batman est pimpant.  Un élégant Homme-Mystère , un Pingouin débordant de smoothies et un Joker catatonique sur le hardcore, sans doute responsables du kidnapping de Counterstrike, malheureusement invisible sur la Scrapeyard. Seul problème : Batman a été croisé avec un mec du Sussex, recouvert d’un costume de citron.

 

Radium cesse de dealer des travailleuses de l’Est au container, l’espace d’une heure de frenchcore, qui fait gicler bérets et armes blanches. Dans la même veine, Dataklysm assène des boucles breakcore, qui me font corriger : il y’a aussi de la portugaise devant le mur de son.

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Question sensibilité, la diva of darkness Robyn Chaos sublime le Therapy Sessions Show, pendant que le crépuscule lève les bras, sur « John B – Up All Night ». 

L’hollandais de PRSPCT, Sinister Souls, heureux comme un bambin, mitraille un set mystique, conclu par le magnétique « Rage & Serenity ».

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Angerfist  et The Outside Agency ponctuent les hostilités du dockside, classique « Raise of Fist Again », sous le masque. Six embardées en enfer, qui font saisir pourquoi les fans d’orgie de la bourgeoisie du Mayfair, aiment se finir dans le ghetto.

 

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Une prise de pouvoir du Sektor 6

En franchissant le mont qui sépare du Sektor 6, des indices sur les péripéties du scénario sont disséminés.

Des militaires semblent recruter, avant de se cacher. Vieilles dames de l’Ouest américain et cowboys protestent devant les condamnations implacables du tribunal de la Old Town. Ce sera guillotine et finalement tarte à la crème, pleine figure.

Des collègues français décrètent qu’un vent de révolution tonne. Le putsch est proche, profitons-en !

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Le son du monumental édifice nucléaire du Sektor 6 est parfois défaillant. Dommage, car le garage des TQD (Royal T, DJ Q et Flava D) invite à la frénésie. Le combo Serum et Bladerunner fait aussi très mal : rien que de la grosse bûchette labélisée Low Down Deep, en attente d’être débitée par un maniaque de la hache. «Pick’em’out» ou « Fly Paper » jouent de la torpeur des bass, pour bercer et mieux endormir les reîtres de la souveraine de la nation Boomtown.

 

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L’escalade du final mène à la prise du pouvoir, du pirate masqué qui hante et surplombe les silos biochimiques. Le bandit a réussi à dérober les informations, qui l’ont conduit à briser la domination de l’autocratie de Comrade Jose.  Le son sur les 20 ans de Playaz, galère à sortir des manettes de DJ Hype. Nos rétines sont donc servies, le dancefloor un peu moins.

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Le parti-pris de proposer une expérience différente est un triomphe. On éprouve un réel vertige : la sensation de vivre le songe délirant du citoyen d’une ville-puzzle, pleine d’exaltations. La démesure des anglo-saxons et le travail inouï des monteurs y est pour beaucoup.

Pour pleinement associer cette expérience au plaisir des concerts, peut-être faudrait-il pousser l’histoire, à se jouer encore plus sur les scènes, quitte à mettre parfois le son en stand by, plutôt qu’offstage. Un ami résume on ne peut mieux : « Le DJ et les artistes sont indissociables du show et n’y jouent pas un rôle indépendant ». Mais dans cette configuration, ils sont parfois noyés par la beauté de ce qui se joue à côté. Il faudrait une épopée, pour reconstituer tous les concerts et ambiances du conte boomtownesque.

Cette impression de perdre pied, à la fois délicieuse et troublante, c’est la griffe inédite made in Bristol, où l’année prochaine, tombera peut être le masque de son providentiel rebelle.

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daisy bee   (picture by Daisy B Photography – big up to you!)

 

Boscowww.drumtabass.com