Let It Roll On, Let’s get on Jameson ! Frequency : 1,58

couverture feu artifice opening

1,2,3,4, vous êtes à 1,58 kilomètres du Milovice !

Le marshaller retire son casque anti-bruits, nous tend son panneau vers le tarmac derrière lui et nous propose en tchèque un éthylotest.

Au loin résonne déjà les grosses basses et le ciel teinte la nuit d’un vert laser boréal vraiment chanmé.

Bienvenue au Let It Roll !

 

Sans tracer directement dans le son, on vous plante le décor : une voie d’aéroport vide qui débouche sur une zone militaire vierge de tout relief. A droite, à gauche, aux confins du brol, divers univers bien marqués, reconnaissables et autant de spectres de la drum’n'bass. Voici nos coups de coeurs, au moment du décollage de notre vaisseau.

 tarmac lir

 

Tout d’abord, il faut le dire les slaves ne se sont pas foutus du junglist. Les points de ravitaillement de la station spatiale sont vénères. « J’te fume comme à Meddelin et je vois deux trois stands de bouffe mongolienne …», ce sont les restes de Kaaris du périple. «  Le boule slave est plat, tu ne fais pas vraiment de squats…». On aura de quoi se restaurer pendant les trois jours.

 

Curry à la citrouille, pâtes crème mascarpone olive, croquettes mongoles, chips de patates douce, burgers aux haricots mexicains, station caravane turque et même chapiteau de pièces détachées, tenus par des mécaniciens spatiaux qui régalent en nouilles chinoises… Plusieurs possibilités, pas la friture habituelle des astrocitoyens du Benelux.

 patate douce food

La première claque radioactive : ce bon sang de Portail et Icicle directement dans le flux. Un vortex dans les tons rouge/bleu orne cette scène, pendant que les accords survoltés de la drum’n'bass upfront déchaîne les pilotes. Icicle droppe sa nouvelle track To The Stars, masterisée pour l’occasion. Audio branchera la vitesse lumière sur le trou noir pendant le week-end, Phace & Misanthrop également.

 Icicle Portal

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audio 2

audio 3

Neonlight conclue par une salve et le missile Low Blow de Benny L un set de fou. Pythius dessine une aube aux accents de Prague. Bassline Smith fait ses réglages avant l’embarquement, en mode longues intros et morceaux non coupés.

 

Chez les terriens, on a apprécié voir pour la première fois John B, qui a muté son excentrisme en sérieux selecta. Il était plutôt là pour en découdre : Up All Night ou des mash up entre Alien Girl de Ed Rush et The Nine de Bad Co.

 the upbeats 2

The Upbeats

On a aussi adoré cette ambiance de fête nationale de la Drum’n'bass d’Europe de l’Est, sur le back to back final Eatbrain League. Jade, Teddy Killerz, Fourward, que du blast furieux et saccadé dans le bled tchèque, avec incruste sur scène comme il faut.

 

 couverture feu artifice opening

La colossale Mothership nous gratifie d’un show d’ouverture dantesque, tout en illusions d’optiques et de profondeur, sur les sons industriels et charpentés de The Outside Agency. La petite écoutille réservée aux DJ’S propose un brouillon Benny L avec Shimon, René La Vice qui se croit sur le toit de la Maison Blanche et les poum chack de Chase & Status qui embaument, sans envoûter.

 belle photo mothership

benny L shimon

mothership

Dans les vapeurs des astroports, les ravers avides de granité slush tentent de se rafraîchir, avant de profiter des douches sauna Let It Fresh. D’autres montent dans les bus cyberpunk, sûrement recalés au casting de Mad Max, où on s’écrase à 30 devant un artiste, en tournant en rond dans le village. Un concept liké par Cantina Band.

 temple 1

temple 2

Le Temple d’une civilisation pré-alien plus jump up a ses disciples. Quelques sacrifices réussis sur cette scène : Danny Bird éclectique et costaud, Problem Central conclue avec Eksman qui récite ses versets sur Worlds de K Motionz ou Bou & T>I qui peinent à joindre leurs forces.

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danny bird 3

Petit junglist candide de cette scène, le meilleur set du festival pour moi était celui des Kings Of The Rollers. Dans les brumes de salvia plutonienne, Inja organise les libations. Serum deale ses duplates fusils d’assaut au plus offrant et Voltage tente des négociations osées, comme sur le drop du remix de SPY du We Got It. Bladerunner, mélange l’allure de Tom Morello avec celle d’un fan de daddyshoes. Petit t shirt nike simpliste, grosse technique et lourdes bass, du heavy & dark !

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kotr 4 inja

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Original Sin, rare, nous rappelle que c’est le boss de la cascade qui renverse toute la vaisselle de Mamie. Double drop tremblant (Dead Limit/D For Danger), l’ancien de G Dub a retrouvé la pêche, peut être sur Dagobah avec Yoda et c’est furieusement bon et coupable. Il a mis d’ailleurs son set sur sa page, pour les curieux.

 original sin

Turno claque le contagieux remix de Numbers et goûte un peu à la foule sur le nouveau Andy C, écho guimauve de Let Me Be Your Phantasy. Un monarque jedi, look Square, s’est d’ailleurs échappé : Ed Rush, éternel, ruine la concurrence, avec une prestation foufou et endiablée.

 Tuuurno

ed rush 1

ed rush 2

 

La Eve’s Garden est la contrée réservée aux old timers et artistes deep. Du plafond du chapiteau émergent des plantes carnivores et envahissantes, qui donnent à ce jardin un air d’Upside World de Stranger Things ou de sanctuaire trance de Tonton Bécart, c’est au choix.

 circuits eve garden

Ctvrtek (jeudi), B-Complex livre un show mutant, entre les envolées liquid de Beautiful Lies et des frénésies dark. Breakage nous met bien, oasis de basslines basement UK.

La concentrée Kyrist balance de la grosse tantôt deep, tantôt dark : confirmation solide du festival.

DJ Marky, un peu hébété de la faune, fait le show dans ce vert coruscant.

Gros sets également de Document One et Level A, qui ont ravi notre ébriété.

 

Etourdis, on délibère devant le duo Circuits, composé de Kasra et Inside Info, pendant qu’un taon se faufile d’une liane du haut, sûrement dans un hommage à Alien.

Piqûre incisive dans le cou, dard traître, qui nous oriente vers des sons plus sombres et parasites.

 shredder pierro

 

La plaie du taon gonfle et pullule, La pluie difflue sur la Shredder, lieu de déperdition hardcore drum’n'bass .

Sur les escalades industrielles de The Outside Agency, qui malmènent des tracks comme The Hard Way- Total Fucking Nihilism, un suisse perd les eaux, la poche ventrale de son sweat à capuche glisse sous la pluie torrentielle.       « It’s a bwooy, we call him Dushaaaane! »

 the outside agency

A chaque coin de la scène, on bondit comme dans Resident Evil, avec des sourires aiguisés ou vitaminés des voyageurs.

A-Cray joue la milice en calmant tout le monde avec un set anti-émeute monstrueux et IHR (Inward, Hanzo et Randie, des sorties chez Methlab) décrochent la palme découverte de notre Sobota (samedi).

 whoofer lir

Une zone d’épandage, où les serveurs refusent de servir double dose à un bûcheron de la Forêt de Mormal, sponsorisé casquette Jameson. Le breuvage est pourtant distribué dans toutes les planètes du festival.

 

 let it roll conclusion DTB

 

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Merci pour tout la Voie Lactée du Let It Roll, c’était une expédition fatale! Une technologie avancée et bien utilisée pour le plaisir du festivalier, un satellite de paradis pour les ravers drum’n'bass.

Drumtabass Crew