Reportage Dour 2013

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D’autres photos ainsi qu’un report racé : http://www.ouikeed.com/index.php/report/dour-festival-2013

 

 

JEUDI 18 JUILLET :

murdock

Les premières vibes à tendance reggaeton de La Chiva Gantiva donnent le ton : Dour 2013 sera muchos soleil. On prend rapidement la mesure enivrante de cet invité de marque. Depuis trop d’années, le festival rimait avec gadoue. Sur le coup d’envoi de la soirée d&b, donné par Murdock, on déserte rapidement les premiers rangs plutôt fougueux. En effet, l’organisation a tenu compte des conditions idylliques et nous propose des écrans et soundsystems extérieurs, qui diffusent le son de la Balzaal. Calé entre les ambiances émerveillées du Tomorrowland et les lunettes de soleil façon Innovation ou Outlook : bravo !

Murdock : http://www.youtube.com/watch?v=4R8Ee3d-Ayc&feature=youtu.be

http://www.youtube.com/watch?v=E3fWmy5zw2k&feature=youtu.be

Nu: Logic : http://www.youtube.com/watch?v=TXnHZZcP_jA&feature=youtu.be

Nu:Logic détonne dans un set liquid, qui passe aussi par des ambiances Shogun plus syncopées. Otto Von Schirach hausse ensuite le tempo, expédiant son masque de crocodile dans les premiers rangs, où des avatars masqués du vrai Jacques Chirac siègent en assemblée. Loadstar et High Contrast font trépigner les junglists. Mention spéciale aux premiers qui nous servent un set de haute volée, clôturé par un combo « Tarantula/It’s a secret » – Hazard plutôt bluffant.chichi

nickel 1

 

Les choses sérieuses commencent avec l’arrivée du duo Roni Size/Dynamite MC. A la tombée de la nuit, la configuration écrans extérieurs nous transporte dans une ambiance digne de la fièvre de Bristol. Roni balance, galope parmi les déhanchés époque Full Cycle, déstructure ses meilleurs morceaux (« Dirty Beats » en Street Mix, « Brown Paper Bag », « It’s a Jazz Thing » à toute allure). C’est la débandade ! Dommage que Dynamite semble moins énervé au mic.

Roni Size – Dirty Beats Street Remix

Roni Sky gros : http://www.youtube.com/watch?v=5qzgUBqEQvo&feature=youtu.be

Dans un style plus actuel, rien à dire sur les perfs de Camo & Krooked et du souverain Andy C. Le chapiteau regorge de sourires béats, le gourou de RAM Records s’amuse avec MC Youthstar et nous laisse toujours aussi stupéfait.

Andy C : http://www.youtube.com/watch?v=BKrZSRLfURw&feature=youtu.be

Camo & Krooked : http://www.youtube.com/watch?v=olW4izZjvVE&feature=youtu.be

 

On termine la soirée avec l’ambiance GTA disco de Skream. JM Weston cirées, Rayban sur « Get Down Saturday Night », ma foi… L’anglais agite son cocktail avec les anthems de l’époque Dubstep All Star ou « Midnight Request Line » : du tout bon !

 

VENDREDI :

hatebreed

Le vendredi commence sous un décor d’Ibiza. Beaucoup d’electro, beaucoup de mojitos, beaucoup de jolis shorts… Le set de Fritz Kalkerbrenner rivalise difficilement avec ceux de son frère. Tous les bras et vestes adidas se soulèvent quand même sur les arrangements d’ « Azure ». En croisade pour de l’eau avec un obscur festivalier en kilt, on découvre aussi Pelican, groupe de post-metal très convaincant, qui nous sort un peu de la torpeur clubbing.

 

 

Mais peu à peu, l’adrénaline commence à se propager. L’étendard des coreux d’Hatebreed trône déjà depuis un moment sur la Last Arena… Le set de 2008 avait sonné la dévastation, celui-ci démarre dans une communion de rage avec le public. « This is Now ! ». L’empathie entre le band et le public fait plaisir à voir. Toute une troupe de joyeux détraqués se rue dans la cohue. Certains mosh part, comme sur « Everyone Bleeds Now » resteront anthologiques. Des circle pit et même un canoë viennent sonner la retraite du pit pour certains un peu pâlots. Le guttural « I Will Be Heard » les ramène des limbes. Les ricains concluent un set de furie totale en beauté avec une reprise de Slayer et un dantesque « Destroy Everything ». Claque du festival, sans conteste.

 

http://www.youtube.com/watch?v=m3m_oCQnbW0

http://www.youtube.com/watch?v=lZeZy_knHro

hatebreed 2

 

 

 

Plus tard dans la soirée, Rockwell ne fait pas les choses à moitié. Doubles drop lancés en fracassant son casque, la jeune pousse de Shogun confirme sur scène. Un set mené avec brio, conclu avec un démoniaque « Messiah ». On est un peu moins emballés par le très attendu Amon Tobin. Un set qui réussit à nous emporter dans chaque vague, sans jamais vraiment nous submerger. Frissons quand même sur le « Never Been » de Fox et Dub Phizix !

http://www.youtube.com/watch?v=Db2zewOS7Yw

 

Sub Focus conclue la nuit, sur une installation hallucinante, mais dans un show qui vire définitivement trop kitsch. On pense à un mauvais mélange de David Bowie et Jean-Michel Jarre. Qu’importe, les plus acharnés pourront toujours taper du pied jusqu’à l’aube sur Rusko et surtout sur la précision chirurgicale du set de Dave Clarke.

http://www.youtube.com/watch?v=1htoGl9QXK8

 

SAMEDI :

Frais et requinqués, on attaque la journée de samedi avec un show de Loefah hypnotique, bien dans la lignée UK oldschool. Mouss de Mass Hysteria n’a pas lésiné sur les bières belges, ça fait plaisir. L’énergie déborde des frenchies. Le folklore aussi. En hommage à Hatebreed, Mass lance des braveheart et circle pit à tout va, avec service de sécurité inclus. Men In Black like this. La sauce prend méchamment. Comment ne pas saluer une ode à l’éclectisme et au métissage musical comme « Respect To The Dancefloor », clamée par toute la Plaine de Dour? La deuxième moitié du concert relance la pression. Les furieux font briller le Hall Of Fame du metal en reprenant « Enter Sandman » de Metallica et les cloches de « Hell Bells »  d’ACDC.

http://www.youtube.com/watch?v=GE22-gVyYbA (Je ne détiens pas les droits de cette vidéo)

Le crépuscule de la Balzaal vibre déjà aux sons et couleurs fantomatiques des Digital Mystikz. L’occasion d’admirer la complémentarité du duo. La méduse Mala s’échine à organiser des montées extatiques, jusqu’à ce que Coki nous casse les reins comme sur le raz-de-marée « Airbreaker  »de Goth Trad. La magie occulte de DMZ a frappé.

dmz

 

 

 

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=ch9o2JUpyrw (Pour vous donner une idée du chaos hypnotique des DMZ, j’ai trouvé cette vidéo sur internet, je n’en détiens donc pas les droits)

 

 

 

On n’accroche pas trop à Drumsound & Bassline Smith, qui n’a plus grand-chose à voir avec la gloire de Technique Recordings. On vieillit peut-être, mais les larmoiements de « Closer », non merci. Pendulum relève un peu le niveau, dans un set qu’on sent déjà bien peaufiné. Venetian Snares régurgite son show, plein d’insanités breakcore qui ravivent nos sourires malfaisants.

 

Reste l’apocalypse. Reste le déluge. Reste DJ Guv. Plus de place pour la candeur, les visages les moins méfiants déchantent vite. L’addition est salée. Sans MC au début, l’anglais de Low Down Deep matraque à tout va, sans aucune accalmie. « C’est bon, mais il ne relâche jamais la pression ?! » me susurre une innocente prise dans les premiers rangs. Son groove sur scène est corrosif. Sur « Water Technique » et « Prepare », ce sont cent diablotins qui jumpent sous les stroboscopes. Ce n’est plus un serpent, mais un hydre cannibale qui étreint la Jupiler Marquee sur « Snake Style ». Après cent « on va se coucher tard », j’abandonne Lefto, pour le set de Taos sous influences, entre techno 90 et gros neurofunk.

DJ Guv : http://www.youtube.com/watch?v=dd3O7YAvcyk&feature=youtu.be

http://www.youtube.com/watch?v=eoNRVVeLFtY

http://www.youtube.com/watch?v=zXF67-koWlI

http://www.youtube.com/watch?v=3mkOQoiBxmY


DIMANCHE :

Quelques péripéties me font rater pas mal de la journée du dimanche, mais pas I AM. Constat avec un ami, brute marseillaise kanak de longue date, on a beau critiquer les marseillais, la qualité de leur live ne change pas. Les darons en ont sous la semelle et font chanter toute la plèbe sur « Une autre brique », « La Saga » ou « Bad boys de Marseille ». Si high level qu’on leur pardonne Saïd Jackson (c’est son vrai nom) et son infâme apparition sur « Je danse le mia ».  L’italien Alborosie confirme sous le Dancefloor qu’il est meilleur aux manettes en live que sur CD.

http://www.youtube.com/watch?v=JOaOVzGl7bw

Les Smashing Pumpkins s’installent devant un public curieux mais hétéroclite. D’un côté un futur marié, qui a choisi Dour pour son enterrement de vie de garçon, pique un somme. D’un autre, les groupies brunettes de Billy Corgan écarquillent leurs yeux émerveillés. Sur « Tonight Tonight » et « Disarm », on retourne quand même bien sa veste, souvenirs d’ado oblige.

http://www.youtube.com/watch?v=d1acEVmnVhI

Les PSY 4 De La Rime nous entraînent dans un « pogo tout plein de bonne humeur », où quelques poings volent quand même. On flâne dans les gros accords dub de Mungo’s Hi Fi le temps de manger quelques calamars, avant de rejoindre le chapiteau blindé de DJ Shadow. Petite déception, en DJ Set le concert est un peu statique.

douurr

 

 

 

 

 

 

Vos investigateurs de drumtabass se sont alors lancés dans une enquête digne de Bernard de La Villardière. Aux alentours du camping B, quelques désosseurs ont posé une enceinte et rameutent les endimanchés à coup de remix salaces jump up. Le tout sans un regard vers leur « public ». C’est aussi ça Dour !

Cette parenthèse se finit entre les criards de Pantero 666 et DJ Yoda, notre coup de cœur du festival. Dour met toujours un point d’honneur à conclure en célébrant l’éclectisme (comme avec DJ Missil). Démonstration parfaite avec ce final. Kuduro, eurodance, hip hop, drum’n’bass, dubstep… tous les douristes se retrouvent pour chanter des chansons texannes, boire de la sangria et tirer au pistolet à eau sur les équipes de prévention.

 

cheers

 

Quelque chose nous a frappé, en sondant brièvement nos collègues de camping après coup. Beaucoup semblaient subjugués en nous racontant « leur » concert favori de Dour. Des groupes comme Flume, Salut C’est Cool, Len Faki, Fe-nix Crew nous ont échappés. On peut féliciter l’enthousiasme et la prise de risque des programmateurs. On découvrira peut-être ces surprises les années prochaines. Hormis l’équation impossible pour voir Wu Tang Clan, nous avons réussi à zigzaguer à foison, dans cette joyeuse cacophonie hybride, rendez-vous en 2014!